Laissons les blancs s'installer, pour être sûr qu'à jamais de notre amour envolé s'élève des lignes de remords étouffés.
Laissons le temps arracher de sa main de maître chassé tous les bons souvenirs ensemble passés.
Laissons la haine et la douleur cacher ses années passées à tes côtés.
Laissons les secondes défiler et les larmes s'envoler, laissons les mots s'exprimer et notre esprit se décharger. Laissons les cris, les joies, les peurs, tes craintes, nos rêves, dans un futur passé et continuons à avancer chacun sur notre sentier.
Oublions l'odeur des lilas venus se promener un jour sur nos visages. Oublions les instants à espérer inutilement que nos chemins pouvaient coopérer. Oublions toutes ses illusions désillusoires que nous nous étions formés. Oublions ses rires partagés, ses moments inoubliables, ses baisers échangés. Tout n'était que mensonges perdu parmis des craintes. Tout n'était qu'un simple antalgique pour oublier. Toujours oublier. Ne jamais se souvenir de rien.
Haïr. Il faut toujours détester pour effacer. Cracher pour continuer. Se battre, encore et toujours. Ne jamais pouvoir rester soi quand on veut disparaitre. Courir plus vite que les autres pour se mettre à l'abri de l'orage. Jamais s'attendre. Continuer, toujours et toujours. Ne voir que soi au milieu d'un désert vide. Jamais se retourner. Marcher tête haute, refermer les cercles ouverts, se cacher. Honte d'être seule, honte de ne pas être à sa place. Comme si le monde n'avait d'autre mot que celui là. On doit toujours avoir honte de tout. De rire trop fort, de pleurer à tout va, de se retrouver face à soi, de parler face au monde. Toujours honte de tout.. De s'opposer, d'argumenter, de contredire. Interdiction d'affirmer ses opinions, même si c'est contraire à la DDHC. Tais toi et écoute. Tais toi et fais ce qu'on te dit. Chut ne hausse pas la voix, ici c'est moi qui parle. Ton avis je m'en fous. Ferme la et obéis. Comme si nous étions tous de malheureux chiens, des moutons qui suivent le troupeau. Etre regardé différement lorsqu'on ose donner notre opinion. Etre vu différement lorsqu'on ne suit pas la foule. Ne plus comprendre ce que je dis. Ca n'a pas de sens. Je vous l'accorde. Je suis folle. Ou tarée. Ou fatiguée. Mettre des points de partout pour rentre le récit écorché. Je suis tombée sur la tête. Ou c'est le stage qui me monte le cerveau en omelette. Je vais me taire. Et réfléchir. Et aimer puisque c'est la seule chose dont je suis capable de faire vraiment. Peut-être. Je n'en suis même plus sûre. Chut.